En l’espace d’un siècle, les Expositions Internationales d’Architecture ont acquis une solide réputation internationale en tant qu’instrument traditionnel de la culture allemande de planification, de construction et d’architecture. Au fil du temps, elles se sont progressivement éloignées des aspects d’origine purement architecturaux. Aujourd’hui, outre les aspects esthétiques et technologiques, d’autres considérations telles que les questions sociales, économiques et écologiques, les notions de qualité des processus et de participation viennent s’imposer sur le devant de la scène.
L’IBA n’est nullement un projet théorique réservé à un public restreint. Ce processus qui évolue sur de nombreuses années doit, au final, toujours déboucher sur des changements concrets pour les villes et les régions concernées ainsi que pour leur population.
Internationale Bauausstellungen
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2012-2022
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2011-2021
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2010-2020
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2010-2020
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2007-2013
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2000-2010
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2000-2010
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2007-2010
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1989-1999
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1984-1987
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1957
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1927
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1901
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Métropole industrielle
L’Europe du début du 19ème siècle connut de profondes mutations. La révolution industrielle entraîna dans son sillage une fulgurante croissance économique. L’interrelation entre l’industrie, le commerce et le transport engendra une concentration inédite de population, d’usines et de capitaux, produisant une véritable « explosion » des villes.
Mouvement réformiste – la ville en tant qu’œuvre d’art totale
La critique de l’expansion des villes industrielles donna lieu à des modèles fondamentalement réformistes. L’Angleterre vit la construction des premières cités-jardins. A Vienne, l’architecte Otto Wagner appela une réforme radicale de la culture architecturale et prôna L’idée de l’œuvre d’art intégrale.
Darmstadt, années 1900
Le grand duc Ernest Louis de Hesse entreprit d’unir la production industrielle et artistique, pour ainsi donner forme à son adage « que mon pays de Hesse florisse et que les arts y prospèrent ». Les artistes qu’il fit venir
à Darmstadt, à l’occasion de l’exposition universelle de 1900, lui présentèrent une salle de réception dont la modernité se distinguait du programme traditionnel.
Création de la colonie d’artistes
En 1899, Ernest Louis de Hesse fonda la colonie d’artistes à la Mathildenhöhe et confia la planification de l’ensemble au jeune architecte Joseph Maria Olbrich, qui auparavant avait signé le projet du Palais de la Sécession viennoise. L’exposition « Ein Dokument Deutscher Kunst » (Un document d’art allemand) fut inaugurée dès mai 1901. Cette première exposition d’architecture, conçue dans le cadre du mouvement de réforme de la vie, obtint une reconnaissance internationale. La route menant du centre-ville à la Mathildenhöhe fut jalonnée de constructions temporaires et ainsi transformée en promenade d’agrément.
Une approche holistique de vie
Cette exposition d’architecture se caractérise par l’étendue et la pluridisciplinarité du projet, qui allie l’urbanisme, la construction des bâtiments, l’aménagement intérieur, jusqu’à la conception des objets du quotidien. Les architectes, peintres et sculpteurs oeuvrent ensemble pour redessiner leur environnement,
en tentant de réconcilier l’art et le quotidien, la ville et la nature.
L’unique maison à ne pas avoir été conçue par Olbrich fut également reconnue à sa juste valeur. Peter Behrens, qui fut appelé à Darmstadt en qualité de peintre et graphiste, révéla ici, pour la première fois, ses talents d’architecte : il parvint à créer un univers personnel cohérant en concevant, dans les moindres détails,
le plan, l’apparence générale de la maison, les décorations intérieures en stuc, le mobilier, jusqu’aux assiettes, aux tasses et aux verres.
La rupture 1918-1919
La fin de la Première Guerre mondiale marque l’avènement d’une nouvelle ère. Des architectes, peintres et sculpteurs progressistes fondent ensemble le « Arbeitsrat für Kunst » (Conseil du travail pour l’art), afin de rétablir l’unité entre l’architecture, la sculpture et la peinture, dans l’esprit de l’œuvre d’art totale. Sous la direction de Gropius, l’association élabore les principes fon-damentaux qui seront exprimés dans
le premier Manifeste du Bauhaus de 1919.
Le Deutsche Werkbund DWB
En 1907, 12 artistes et 12 industriels fondèrent le Deutsche Werkbund, dans le but « d’ennoblir la production manufacturée». L’association de l’art, de l’industrie et de l’artisanat devait permettre d’améliorer la qualité des produits allemands et d’en élever la réputation à l’étranger. Le DWB revendiqua l’exigence d’un design omni-
présent, du « coussin de canapé à l’urbanisme ». L’association se hissa ainsi au rang d’une instance culturelle, visant à influencer et promouvoir l’éducation au bon goût dans tous les domaines de la vie.
La fonctionnalité : un principe esthétique
Avec son projet de gratte-ciel pour la Friedrichstraße, en 1921, Ludwig Mies van der Rohe se lança avec passion dans une nouvelle forme d’architecture, libérée des con-ventions historiques et structurelles. Le fonctionnalisme devint le principe esthétique qui marqua toute une époque. Le projet se caractérise par une simplification radicale de l’architecture. L’esthétique découle de la fonction, des matériaux et de la construction. L’exposition du Deutsche Werkbund de Stuttgart de 1924, intitulée « Die Form », réveilla et encouragea l’adhésion du grand public à cette conception moderne d’une esthétique épurée, à l’opposé des styles traditionnels, s’exprimant au travers des matériaux et de la fonction.
Le modernisme : un programme
L’exposition de Stuttgart « Die Wohnung » (la maison) de 1927 présenta, pour la première fois, à un public national et international, les nouvelles formes d’habitat prônées par le Deutsche Werkbund. Sous la direction artistique de Mies van der Rohe, 17 architectes de renommée internationale, tous partisans du nouveau design, se virent confier la construction des 21 maisons modèles du lotissement de Weißenhof.
L’architecture moderne
L’exposition « Am Weißenhof » permit de passer à la loupe les tendances actuelles en matière d’architecture
et d’habitat. L’exposition regroupa exclusivement des architectes partageant la même conception artistique et imposa le concept « révolutionnaire » du toit plat, en guise de dénominateur commun. Les formes cubistes, sobres et dépouillées, du lotissement de Weißenhof sont le fidèle reflet de l’architecture moderne.
Voyage à Moscou
En 1950, en vue de la reconstruction de Berlin, détruite par la guerre, une délégation d’architectes et d’urbanistes de renom de la RDA entreprend un voyage à Moscou. Ils formuleront, sur les indications de leurs collègues soviétiques, les « 16 principes de l’urbanisme »
Le programme national de reconstruction de la DRA
Selon ces « 16 principes », le centre de Berlin fut entièrement remodelé en l’espace de quelques semaines. La Stalinallee, conçue dans le cadre du programme de re-construction de la RDA, fut célébrée comme « la pierre d’angle de la mise en œuvre du socialisme dans la capitale de l’Allemagne ».
La Stalinallee devient l’axe central de la capitale de la RDA. De monumentaux palais résidentiels furent construits, présentant des éléments de style historique et s’inspirant des formes de l’architecte Karl Friedrich Schinkel. L’urbanisme reste fidèle aux principes traditionnels, se fondant sur le modèle de la « ville, belle et compacte ». « Les architectes allemands ne pourront se montrer dignes de leur mission qu’en construisant de beaux édifices, aux dimensions généreuses et exprimant l’intérêt national » (Neues Deutschland). Aujourd’hui, la Karl-Marx-Allee, telle que rebaptisée en 1961, est un monument culturel de dimension européenne.
La ville de demain
A Berlin ouest, la critique du paysage urbain engendré par les « 16 principes de l’urbanisme de la RDA » trouve son expression dans l’idéal d’un nouvel urbanisme. L’Interbau 57 devait apporter la réponse à la Stalinallee et montrer l’exemple de la « ville de demain », construite entièrement à neuf, sur les décombres du Hansaviertel, quartier bourgeois détruit pendant la guerre.
Propagande et éducation
L’Interbau 57 devint un objet de propagande et de prestige destiné à démontrer la supériorité de l’ouest par rapport à l’est. L’Interbau visait également à éduquer les architectes de l’après-guerre, à les familiariser avec les nouveaux canons de l’architecture moderne internatio-nale.
Le nouveau quartier Hansaviertel veut entièrement éclipser le souvenir de l’ancien. Les anciens blocs résidentiels font place à un mélange d’édifices de grande hauteur et de plain-pied émergeant au coeur d’un parc. De nos jours, le Hansaviertel montre par excellence la manière dont l’urbanisme moderne concevait les projets de réhabilitation à grande échelle, bien que l’architecture des bâtiments publics ne soit pas à l’avenant.
La réhabilitation de la ville historique
Par opposition à l’Interbau 57, le sujet central de l’exposition d’architecture IBA 1987 fut consacré à la redécouverte du centre-ville historique, en grande partie détruit par la guerre et la construction du mur. La partie ouest devait ainsi être reconstruite et remodelée de manière critique.
La reconstruction critique (IBA-Neubau)
L’IBA Berlin de 1987 se structure autour de deux approches de l’urbanisme, à la fois complémentaires et contraires : l’IBA-Neubau (nouvelles constructions) et l’IBA-Altbau (anciens bâtiments) « Le titre que j’ai retenu, une reconstruction critique de la ville, traduit notre volon-té de nouer un dialogue entre la tradition et la modernité, de mettre en lumière la contradiction de la modernité, non pas dans le sens de la rupture, mais dans celui d’un développement dont les étapes restent visibles dans le temps et l’espace ». (J.P Kleihues, directeur de l’IBA-Neubau)
Les projets de l’IBA-Neubau
Entre 1979 et 1987, l’IBA-Neubau (nouvelles constructions) réalisa de nombreux projets de construction en lançant divers concours auxquels participèrent des architectes internationaux. La plupart des projets concernaient le sud de Friedrichstadt, le quartier sud du Tiergarten et le Tegeler Hafen.
La réhabilitation circonspecte (IBA-Altbau)
L’IBA-Altbau fut, pour l’essentiel, définie par les « 12 principes de la réhabilitation circonspecte », élaborés lors de différents colloques publics et approuvés par le sénat de la ville. « Notre objectif fut la réhabilitation de la ville, en accord avec les habitants, dans le souci de préserver leur tissu social. Nous y sommes parvenus à des coûts nettement inférieurs à ceux induits par la construction de nouveaux édifices : 10 000 anciens bâtiments rénovés pour le coût de 3 100 bâtiments neufs ». (H. W. Hämer, directeur de l’IBA-Altbau)
Occupation et rénovation
Les grandes manifestations organisées contre le projet de destruction et la pénurie de logements furent à l’origine du concours « stratégies pour Kreuzberg » et donnèrent vie, en 1979, au mouvement « d’occupation et de rénovation » de bâtiments vides du quartier, endroits qui furent retenus comme point de départ pour l’IBA-Altbau.
Une référence en matière de réhabilitation circonspecte
L’IBA-Altbau marque le début d’une nouvelle ère en matière de planification : la construction neuve cède le pas à la réhabilitation et la modernisation de l’ancien. Elle inspira la mise en œuvre de divers programmes de rénovation des villes et suscita un changement de la législation en matière de rénovation et de protection de l’environnement urbain.
Une mutation sans croissance
Quelles sont les perspectives de réhabilitation écolo-gique et économique d’une vieille région industrielle ? Quelles sont les possibilités de restructuration d‘une région que les grandes industries ont, depuis longtemps, abandonnée ? Quel est le potentiel d‘innovation d‘une société figée ?
Un atelier pour la réhabilitation des régions industrielles
L’exposition internationale d’architecture Emscher Park visait à donner une impulsion pratique et conceptuelle pour le renouveau écologique, économique et culturel d‘une région.
Le parc paysager de l’Emscher – une infrastructure d’avenir
Dans toute la région, une cinquantaine de projets contribuent à ce grand « puzzle » qu’est le parc paysager de l’Emscher. Pour la première fois dans l‘histoire des expositions d‘architecture, le thème de « l‘aménagement et de l‘architecture du paysage » est à ce point omniprésent.
Patrimoine industriel
L’IBA s’est attachée à conserver l’identité historique des lieux. Elle a su trouver une nouvelle utilité et conférer un nouvel attrait aux paysages industriels, les mettant ainsi en valeur. Les anciens bâtiments industriels deviennent des lieux touristiques et des endroits hors du commun pour accueillir des évènements culturels.
RUHR.2010 – Capitale européenne de la culture 2010
L‘IBA Emscher Park restitua une identité à la région et permit d’ouvrir de nouvelles voies pour une « mutation par la culture », une entreprise pour laquelle la région a reçu une reconnaissance internationale en remportant le titre de « Capitale européenne de la culture 2010 ».
L’enseignement de l’IBA
L’IBA Emscher Park est devenue une référence dans le monde entier pour une gestion innovante des anciennes régions industrielles et de leur patrimoine. En Rhénanie Westphalie du Nord l‘IBA a parrainé un programme structurel inédit, les « REGIONALEN », dans le cadre duquel les régions reçoivent une aide par le biais de programmes concrets permettant de déclencher des processus créatifs, qui, à leur tour seront facteurs d‘innovation.
Un projet axé sur l’évolution du paysage
Après la fin de l’exploitation du lignite, la fin de l’industrie chimique et l’évolution dans le secteur de l’énergie, la région au sud du Land de Brandeburg s’est vue confrontée à un paysage dévasté, à des dommages écologiques importants et à un taux de chômage élevé. L‘IBA Fürst-Pückler Land s‘est inspirée de l‘IBA Emscher Park. Cette IBA, qui a eu lieu de 2000 à 2010 s’est structurée autour d’interventions sur le thème du « paysage ». Aujourd’hui, l’ancien centre de production d’énergie de la RDA héberge le plus grand chantier paysager d’Europe ! Avec plus de 30 projets, l’IBA a donnée de nouvelles impulsions économiques, écologiques et créatrices au processus de restructuration économique et paysagère : des monuments industriels ont été préservés et réutilisés, divers projets d’urbanisme ont été lancés et les paysages lunaires des anciennes mines à ciel ouvert ont été transformés en lacs qui ont été reliés entre eux.
La culture industrielle
Avec son demi-kilomètre de long, le pont de transport pour déblaiement F 60 de Lichterfeld, situé à proximité de Finsterwalde, est la plus grande installation minière jamais construite. Il y a quelques ponts de cette sorte qui sont encore aujourd’hui utilisés dans les mines actives en Lusace. Lors de la manifestation « Besucherbergwerk F60 », l’installation a été ouverte au public. Ainsi elle sert comme attraction touristique, donnant des impulsions pour le développement économique dans toute la région.
La culture pré-industrielle – la culture post-industrielle
Le territoire Seese-Schlabendorf entre le Spreewald et le parc naturel Niederlausitzer Landrücken se caractérise par différents paysages et des centres culturels pré-industriels à proximité des paysages d’après-mines. Des découvertes archéologiques permirent de reconstruire l’ancien château « Slawenburg » à Raddusch. Ce château a été transformé en centre culturel où sont exposées des découvertes archéologiques allant de l‘âge de pierre au Moyen Age.
« Architecture flottante » et architecture de paysage la-custre
Plusieurs projets autour et sur l’eau visent à faire valoir les lacs artificiels. Entre-temps trois maisons « flottent sur l’eau », dont une maison de vacances et une maison d’habitation ainsi qu’une école de plongée. Ces objets incarnent déjà avant la fin de la mise en eau des lacs le progrès de la restructuration économique et représentent l’avenir de la région. L’œuvre paysagère « La main » représente une véritable attraction touristique aux abords du lac « Altdöbener See ». Cette main surdimensionnée a été construite dans le cadre d’une rénovation complète à l’aide de masses terrestres provenant d’une décharge. Elle est ouverte, tournée en direction de la péninsule Pritzen en face et relie ainsi symboliquement les deux bords séparés par l’exploitation minière.
De nouvelles perspectives pour des villes en profonde mutation
L’exposition internationale d’architecture Stadtumbau Sachsen-Anhalt 2010, lancée en 2002 par le gouvernement du Land Saxe-Anhalt, se consacre principalement aux problèmes liés au dépeuplement et au déclin des villes. C’est la première fois qu’une exposition internationale d’architecture, organisée en Allemagne, porte sur l’intégralité d’un Land. 17 villes de Saxe-Anhalt participent à l’IBA, par le biais de projets spécifiques. L’objectif de cette IBA est de faire naître un réel savoir-faire en matière de rénovation urbaine, tant au niveau du Land qu’au niveau des communes, afin d’élaborer des exemples de bonnes pratiques pour un développement urbain qui sache tenir compte des transformations démographiques et économiques. L’IBA Stadtumbau 2010 se veut un « laboratoire » où peuvent être testés et ap-pliqués différents « outils » de rénovation urbaine, qui sont destinés à fonctionner ensuite comme modèles transposables à d’autres villes et régions.
Instruments et méthodes de l’IBA Stadtumbau 2010
Les éléments centraux sont le conseil et l’assistance technique en faveur des villes participant au programme, afin que celles-ci puissent développer et réaliser leurs idées. La participation des citoyens, les actions publiques, ainsi que divers évènements artistiques et architecturaux, durables ou temporaires, comptent parmi les principaux instruments et méthodes de l’IBA.
Le réseau des villes IBA ainsi que l’IBA STADT MONITOR sont devenus des plateformes incontournables pour l’échange d’idées et d’expériences. Au-delà des mécanismes prévus par la loi, de nouveaux instruments et méthode de travail sont mis en œuvre pour faire face à une mutation, qui exige des stratégies et des approches innovantes, ciblées et libres de tout dogmatisme.
IBA Stadt Aschersleben. De l’extérieur vers l’intérieur – concentration sur le centre urbain
Avec une concentration des moyens sur l’essentiel, la restauration de son noyau urbain historique, Aschersleben vise à créer un nouveau profil pour la ville. Les quartiers périphériques sont démolis, tandis que le centre urbain est revitalisé. La route de contournement du centre sert de jonction entre l’extérieur et l’intérieur, alors qu’elle représentait jusqu’alors une véritable coupure urbaine désagréable génératrice de pollution atmosphérique et sonore massive. Cette route est transformée en une « DRIVE THRU Gallery » avec des expositions alternantes et nomades sillonnant quasiment toute la ville. Diverses installations artistiques et interventions temporaires permettent de réutiliser et de revaloriser les interstices urbains et le bâti ancien.
IBA Stadt Dessau. Les îles de la Cité – centres urbains et zones naturelles
La ville de Dessau organise les démolitions de maisons inoccupées en vue de créer progressivement une grande zone paysagère au sein de la ville. Ainsi des interventions minimes et des formes innovatrices de responsabilité font progresser un nouveau paysage urbain. Les parrainages privés d’espaces verts (par tranche de 400 m2), dénommés « claims » peuvent servir d’exemple pour ce genre d’initiative. En revanche, les noyaux urbains ou les îles urbaines restantes sont densifiés par des compléments architecturaux ponctuels et les réseaux sociaux dans les quartiers urbains sont renforcés.
Un projet d’avenir pour la métropole
L’île de Wilhelmsburg et le quartier de Veddel concentrent les conflits et les chances liés à la mondialisation, car ils sont marqués, plus que les autres quartiers de Hambourg, par de puissants antagonismes. À seulement 7 minutes de la gare centrale, le territoire réunit l’industrie, la ville et le port avec des canaux, des marais salants et des réserves naturelles. De plus, cette zone de 28 km² est sillonnée de nombreuses infrastructures de transport et compte environ 55 000 habitants issus de plus de 30 nations différentes. La métropole est à la fois point de contact entre les cultures internationales et point de passage de marchandises provenant du monde entier. Elle est synonyme de liberté, de possibilités infinies mais aussi d’antagonismes. C’est ici que se concentrent les questions de notre époque, auxquelles l’IBA Hambourg cherche à répondre de manière exemplaire, qu’il s’agisse d’urbanisme, d’économie urbaine, de cohésion sociale ou culturelle.
Cosmopolis - Un projet pour une société urbaine internationale
Le premier thème-phare de l’IBA s’intéresse à la société urbaine globalisée. Il s’agit d’examiner les modes et conditions de la cohabitation de différentes cultures et nationalités au sein de la métropole. Cette multitude crée de l’énergie et ouvre la possibilité de montrer comment des personnes d’origines culturelles et sociales différentes peuvent développer de manière créative un sentiment de communauté urbaine à travers la réalisation de projets de construction concrets, mais également par le biais de projets culturels et sociaux.
Métrozones – Un projet de transformation des « franges urbaines »
Le deuxième thème-phare de l’IBA Hambourg montre comment on peut transformer les « franges urbaines » en lieux originaux et attractifs. Comme dans toutes les métropoles, on peut trouver à Hambourg des espaces structurés autour des infrastructures de transport reliant le centre-ville aux banlieues périphériques.
L’île de Wilhelmsburg, avec ses grands axes de trans-port, son industrie, son port et ses paysages idylliques, son patrimoine historique et ses monuments est l’exemple type de périphéries intérieures fracturées. De nouvelles métrozones urbaines seront construites à quelques kilomètres du centre-ville de Hambourg dans le cadre de l’IBA. Ces métrozones correspondent à la création de nouveaux quartiers qui ont pour objectif de dé-passer les antagonismes prononcés existant grâce à la création de jonctions et de réseaux urbains.
La ville et le changement climatique – En route vers l’ère post-fossile
Les îles doivent affronter des défis particuliers avec le changement climatique. Depuis les graves inondations de 1962, on connaît la fragilité de l’habitat face aux forces de la nature. Le dépôt de déchets Georgsweder représente un fardeau supplémentaire pour le quartier de Wilhelmsburg en raison des résidus industriels qu‘il contient. Les nouvelles normes pour les métropoles du XXIe siècle dans le domaine du climat ont été fixées dans le dossier « Klimaschutzkonzept Erneuerbares Wilhelmsburg ».
Le concept pour la protection du climat repose sur quatre principes stratégiques :
- La consommation d’énergie peut être réduite par des normes techniques strictes pour les bâtiments et par la rénovation du patrimoine bâti.
- L’efficience énergétique s’améliore par le biais de centrales de cogénération ainsi que par des réseaux régionaux et locaux de provisionnement énergétique.
- La part d’énergies renouvelables atteindra pro-gressivement 100% de la production d’énergie.
- L’engagement des citoyens sera mobilisé à l’aide de campagne de communication et d’avantages financiers.